Un tribunal américain maintient la plainte des syndicats sur la surveillance IA des visas

02.10.2026 4 min 4

Un tribunal fédéral du Southern District de New York a refusé le 1er octobre de rejeter la plainte déposée par trois syndicats américains contre le State Department et le Department of Homeland Security (DHS). L'UAW, la CWA et l'AFT contestent un programme par lequel les agences utilisent l'IA et des outils automatisés pour surveiller les réseaux sociaux des titulaires de visas et de cartes vertes. L'Electronic Frontier Foundation, qui représente les plaignants, a annoncé la décision du juge Alvin Hellerstein.

La plainte a été déposée le 17 octobre 2025. Selon les plaignants, le programme recherche des publications exprimant des opinions que le gouvernement désapprouve, afin que leurs auteurs puissent perdre leur visa ou leur statut de résident permanent. Outre le State Department et le DHS, la plainte vise l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), la Customs and Border Protection (CBP) et les Homeland Security Investigations (HSI). Les syndicats invoquent le First Amendment et l'Administrative Procedure Act, et demandent au tribunal de suspendre le programme et d'interdire l'usage des données déjà collectées.

Ce que le tribunal a décidé

Le gouvernement voulait faire classer l'affaire avant tout examen du fond. Le juge en a décidé autrement : les syndicats peuvent agir au nom de leurs membres, et le droit de l'immigration n'empêche pas un tribunal fédéral de trancher ce litige. Le cœur de la décision porte sur la crainte des conséquences. La menace de perdre son visa pour des propos licites peut, a écrit Hellerstein, « dissuader une personne de fermeté ordinaire d'exercer ses droits garantis par le First Amendment ». L'affaire passe maintenant à l'examen du fond.

Les plaignants soulignent le rôle de l'IA. Selon la plainte, les outils automatisés distinguent mal les propos protégés de ceux qui ne le sont pas, et ratissent plus de publications qu'un examen manuel. Lisa Femia, avocate de l'EFF, a déclaré lors du dépôt de la plainte que l'ampleur de la surveillance s'accompagne d'un effet dissuasif tout aussi massif sur la liberté d'expression. La décision n'est pas encore une victoire sur le fond. Elle signifie seulement que le gouvernement n'a pas réussi à mettre fin à l'affaire pour des motifs de procédure.

Qui est concerné hors des États-Unis

Les contrôles des réseaux sociaux touchent depuis longtemps bien plus que les personnes déjà installées aux États-Unis. Depuis le 18 juin 2025, le State Department exige des demandeurs de visas étudiants F, M et J qu'ils rendent publics tous leurs profils de réseaux sociaux pour l'examen consulaire. Depuis le 15 décembre 2025, la même règle s'applique aux visas de travail H-1B et aux visas H-4 de leurs proches. Les agents consulaires examinent les publications, commentaires, photos et affiliations sur Facebook, Instagram, LinkedIn, X, TikTok et YouTube.

Les touristes relevant du Visa Waiver Program ne sont pas encore concernés. En décembre 2025, la CBP a proposé d'exiger des demandeurs d'ESTA cinq ans d'historique sur les réseaux sociaux, mais après une vague d'objections, elle a promis en mai d'assouplir la règle et de ne poser des questions supplémentaires qu'à « certaines populations » selon une évaluation des risques. Une version révisée est attendue cet automne.

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