GM paiera 220 M$ pour avoir, selon les États, vendu des données de conduite aux assureurs

29.10.2026 4 min 8

General Motors va payer 220 millions de dollars pour régler les accusations de 36 procureurs généraux américains, selon lesquels le constructeur a vendu les données de conduite et de localisation des automobilistes à leur insu. D'après les États, ces données passaient par des courtiers jusqu'aux assureurs, qui s'en servaient en partie pour fixer les primes. Washington et l'Oregon ont mené la coalition bipartisane, qui comprend aussi le district de Columbia, et l'accord a été annoncé le 29 octobre. Les communiqués n'indiquent pas que GM ait reconnu une faute.

220 M$versés par GM à 35 États et à Washington, D.C.
10,28 Md'Américains inscrits au programme Smart Driver, selon le Connecticut
370 000conducteurs à qui l'appli OnStar affirmait à tort qu'ils n'étaient pas inscrits

Ce que les États reprochent à GM

De 2016 à 2024, GM a inscrit des conducteurs à Smart Driver, une fonction liée à ses services connectés OnStar. Selon le procureur général du Connecticut, plus de 10 283 000 Américains y étaient inscrits. Le programme enregistrait le nombre de trajets, l'heure de début et de fin de chacun, les freinages brusques, les accélérations rapides et les dépassements de la limite de vitesse.

GM avait promis de ne pas partager ces données avec les assureurs sans consentement exprès. L'enquête de la procureure générale de New York a établi que GM les vendait au contraire à des courtiers, avec des contrats désignant l'assurance comme finalité. Les courtiers achetaient des rapports sur chaque trajet et les revendaient aux assureurs, qui pouvaient alors augmenter les primes, y compris pour des conducteurs n'ayant jamais déclaré de sinistre. Les conducteurs n'en étaient pas informés.

La plupart des clients étaient inscrits chez le concessionnaire, au moment de l'achat. Souvent, selon les États, le personnel acceptait les conditions à la place du client sans lui demander. De 2020 à 2024, GM versait aux vendeurs des primes liées en partie au nombre d'inscriptions et classait les concessions selon ce critère. L'appli OnStar indiquait en outre à plus de 370 000 conducteurs qu'ils n'étaient pas inscrits alors qu'ils l'étaient. GM les a ensuite désinscrits discrètement, mais leurs données sont restées chez les courtiers et les assureurs.

Ce que change l'accord

  • Le consentement d'abord : GM doit obtenir le consentement exprès et actif des conducteurs avant de collecter ou de partager des données de conduite et de localisation.
  • Moins de données : GM doit limiter les données de conduite collectées dans le cadre d'un programme global de protection de la vie privée.
  • Contrôles : le programme sera évalué en interne et par des tiers.
  • Concessionnaires : GM doit former et surveiller les concessions pour qu'aucun client ne soit inscrit sans son accord.

L'argent va aux États, pas directement aux conducteurs. New York reçoit par exemple 12 054 341 dollars et le Connecticut plus de 6 millions. Les conducteurs peuvent se tourner vers plusieurs actions collectives contre GM, toujours en cours.

Un porte-parole de GM a déclaré que l'accord prolonge les mesures de confidentialité déjà prises par l'entreprise. GM a fermé Smart Driver en 2024. En janvier 2025, il s'est engagé auprès de la Federal Trade Commission à ne pas transmettre de données de géolocalisation et de comportement de conduite aux agences d'information sur les consommateurs pendant cinq ans, sans amende selon le Connecticut. En mai, GM a accepté de payer 12,75 millions de dollars pour clore une enquête californienne sur la vente de données de conducteurs à deux courtiers.

« GM a transformé des véhicules privés en machines de surveillance mobiles au service des assureurs, sans le consentement ni la connaissance des consommateurs », a déclaré William Tong, procureur général du Connecticut. Celui de l'Oregon, Dan Rayfield, a résumé : « Les gens ont acheté une voiture, pas un traceur. »

Les propriétaires de voitures connectées peuvent vérifier ce qu'ils ont accepté dans l'appli du constructeur et chez le concessionnaire, et désactiver les fonctions d'analyse de conduite qu'ils n'ont pas demandées.

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