Le Texas a éteint un domaine dans la zone .com : le site a disparu partout

13.08.2026 3 min 5

Un tribunal du Texas a éteint un site au niveau du registre .com. Un acte signé dans le comté de Travis le 4 juin 2026 a ordonné à Verisign, l’entreprise qui tient la zone .com, de placer le domaine d’un site pour adultes en serverHold. L’État l’a annoncé le 1er juillet. Le site n’a pas disparu qu’au Texas : il a disparu de la zone .com partout, car la zone ne fonctionne pas autrement.

4 juinl’acte ordonnant le blocage
.comla zone d’où le domaine a été retiré
9,14 M$caution pour le récupérer
2024début de la procédure contre l’exploitant

Ce qui a été fait

L’exploitant, une société enregistrée au Luxembourg, a ignoré la loi texane sur la vérification de l’âge, puis la plainte et le jugement par défaut qui a suivi. Plutôt que de courir après une société étrangère devant des tribunaux étrangers, l’État s’est adressé au seul acteur à portée américaine qui détient le nom lui-même : le registre. Verisign a appliqué un serverHold et bloqué suppression, transfert et modification, si bien que plus personne ne peut toucher au domaine.

Le récupérer coûte une caution de 9,14 millions de dollars, plus des contrôles d’âge conformes à la loi texane et le paiement des amendes déjà prononcées.

Pourquoi cela dépasse un site

L’important n’est pas le site, c’est l’outil. L’acte autorise à l’avance d’autres saisies sans exiger une décision judiciaire distincte à chaque fois, et il installe le registre dans le rôle de dépositaire accessible d’un domaine appartenant à autrui. Rien n’y limite l’usage au contenu pour adultes ni au Texas. Tout État disposant d’un jugement civil contre un exploitant étranger d’un domaine en .com dispose désormais d’un chemin démontré vers le même résultat, et ce chemin produit toujours un effet mondial, car un seul fichier de zone dessert la planète entière.

Bloquer et éteindre ne sont pas la même chose

Un blocage chez un fournisseur d’accès arrête le trafic sur un réseau, et un autre chemin le contourne. Un hold au registre supprime le nom lui-même : il n’y a plus rien à résoudre nulle part, un VPN n’a aucune destination. Ce qui marche, c’est le même site sous un autre nom ou dans une autre zone. C’est pourquoi la pression à ce niveau produit des miroirs plutôt qu’une mise en conformité.

Ce qui en découle

Les lois sur la vérification de l’âge arrivent depuis deux ans par les parlements et les tribunaux. Ce dossier ajoute une troisième porte, l’infrastructure elle-même, et c’est la plus discrète des trois : aucune audience dans le pays où le site opère, aucun recours pour ses utilisateurs, aucun signe visible pour les autres qu’un nom a été retiré plutôt qu’un site tombé en panne. Cela mérite d’être suivi, quel que soit l’avis que l’on porte sur le site touché en premier.

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