En Russie, un opérateur mobile vend l’accès aux services bloqués à la place d’un VPN

14.08.2026 3 min 5

Le premier opérateur mobile de Russie s’est mis à vendre ce que ses clients obtenaient jusqu’ici avec un VPN. Le 14 août, MTS a lancé Accès global : un bouton dans sa propre application qui ouvre Spotify, Netflix, Ticketmaster et Strava, des services indisponibles dans le pays, avec paiement des abonnements directement depuis le compte téléphonique. L’entreprise présente la technologie comme la sienne, brevetée en 2025, et la propose sur ses deux forfaits les plus chers.

4services dans la liste de départ
2025année du brevet sur la technologie
2forfaits concernés, les plus élevés
marsquand un concurrent a fait de même sur l’internet fixe

Ce que l’opérateur dit avoir construit

D’après la description de l’entreprise, l’utilisateur ouvre l’application de l’opérateur, appuie sur un bouton et arrive sur la plateforme étrangère sans rien installer : ni proxy tiers, ni client VPN. Le paiement de l’abonnement passe par le compte mobile. La formulation de l’annonce est prudente : le service préserverait l’accès à des plateformes autorisées par la loi dont la disponibilité en Russie a été restreinte.

Cette phrase contient toute l’histoire. Un service bloqué et un service autorisé ne sont pas, dans ce cadre, des contraires. Il existe désormais une catégorie de choses que l’on peut utiliser, mais seulement par la bonne porte.

Pourquoi ce n’est pas un VPN, même s’il en remplace un

Le sens de la confiance est inversé

Un VPN existe pour soustraire votre trafic au regard de l’opérateur : celui-ci voit un tunnel chiffré et rien d’autre. Ici, l’opérateur est le canal. Il sait quel abonné est allé sur quelle plateforme et quand, puisque c’est ainsi que la fonction marche, et il porte les mêmes obligations de conservation que tout opérateur russe. Le paiement via la facture téléphonique referme la boucle en liant l’activité à une identité vérifiée. Comme moyen de regarder un film, c’est commode ; comme protection de la vie privée, c’est l’inverse de ce que fait un tunnel.

Ce que cela change en pratique

L’accès à l’internet extérieur devient une option de forfait, vendue par le secteur même qui doit le filtrer. Le client gagne du confort et de la légalité, ce qui n’est pas rien : pas d’application inconnue, pas de carte inutilisable à l’étranger, pas de risque de tomber sur un faux VPN dans une boutique. Avec le confort, il reçoit aussi une liste plus courte. Quatre services aujourd’hui, davantage promis ensuite, mais une liste toujours établie par quelqu’un d’autre.

Un opérateur concurrent avait fait la même chose sur l’internet fixe dès mars : ce n’est donc pas une idée isolée, mais la forme d’un marché qui se met en place, celui de l’internet bloqué revendu par morceaux par des intermédiaires agréés.

Questions sans réponse

L’annonce n’explique pas deux choses. Comment les paiements parviennent à des entreprises qui ont quitté le marché russe, et qui décide des services éligibles. Ces deux réponses comptent plus que la fonction elle-même, car elles déterminent s’il s’agit d’un produit technique ou d’une liste d’autorisations dotée d’une page de paiement.

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