Windows 11 dira aux applications votre tranche d'âge
Microsoft a publié la documentation destinée aux développeurs sur les Windows Age APIs, et elle décrit ce dont le web débat depuis deux ans : un signal de vérification de l'âge intégré au système d'exploitation lui-même. Une application pourra demander à Windows dans quelle tranche d'âge se situe la personne connectée, et si cet âge a été vérifié de manière indépendante. Microsoft Teams Free est le premier produit annoncé pour s'en servir. Les interfaces sont documentées mais pas encore activées, la mise en service étant prévue pour une version de Windows plus tard cette année.
Ce que reçoit réellement une application
Deux appels font le travail. GetUserAgeRangeAsync renvoie une tranche et non une date de naissance : moins de 10 ans, 10 à 12, 13 à 15, 16 à 17, ou 18 et plus. Si Windows l'ignore, la réponse est vide et l'application doit se rabattre sur sa propre barrière d'âge. GetAgeVerificationStatusAsync renvoie l'une de cinq valeurs : vérifié, non vérifié, refusé, temporairement indisponible ou sans objet.
Microsoft précise explicitement que la date de naissance ne quitte pas le système et que les liens familiaux ne sont pas divulgués non plus. Windows vérifie en outre l'identité de l'application qui interroge : un programme quelconque ne peut pas récupérer le signal destiné à une autre. Les prérequis sont précis et modestes : Windows 11, une interface Win32 COM, une session avec un compte Microsoft connecté, et une application enregistrée auprès de ce que Microsoft appelle la plateforme Digital Safety.
Teams Free ouvre la marche, et le prix du refus est visible
La page d'assistance de Teams Free énumère ce que perd un utilisateur non vérifié dans les régions concernées : l'enregistrement des réunions et des appels, Copilot et les autres fonctions d'IA, et l'accès aux fonctionnalités de communauté. La même page indique que tout le monde ne sera pas sollicité, que cela arrive prochainement et seulement dans certains pays, et que la mise à jour du statut après vérification peut prendre jusqu'à 24 heures.
Voilà la forme du dispositif. Personne n'est exclu du produit. Le compte devient simplement une version amoindrie de lui-même tant qu'il n'a rien prouvé sur la personne derrière.
Pourquoi une barrière dans le système diffère d'une barrière sur un site
Du côté de la vie privée, cette conception vaut réellement mieux que ce que les deux dernières années ont produit. Une tranche d'âge vaut mieux que remettre un scan de passeport à chaque site qui en réclame un, et mieux que l'alternative dont nous rendons compte régulièrement, quand les prestataires de vérification accumulent des scans de documents puis fuitent. Une seule vérification au niveau du compte, au lieu de dizaines de copies de votre pièce d'identité éparpillées entre les services.
L'autre moitié, c'est que le contrôle se déplace là où l'on ne peut pas le contourner. Une barrière de site fondée sur votre localisation se règle avec un autre point de sortie. Un signal émis par le système d'exploitation, rattaché au compte avec lequel vous êtes connecté, n'est pas du tout une question de réseau. Il n'y a aucune adresse à changer. Et une fois la tuyauterie posée, décider quelles applications doivent la consulter cesse d'être une question technique pour devenir politique.
Une commande, pas une invention
Microsoft n'y est pas arrivée seule. Les législateurs font descendre la responsabilité dans la pile depuis un moment, et l'Illinois a signé une loi qui confie la vérification de l'âge au système d'exploitation plutôt qu'aux sites pris un par un. Une interface au niveau du système est exactement la forme que bâtit une entreprise quand le droit pointe dans cette direction, et cette forme voyage : construite une fois pour un État, elle est prête partout où la même exigence apparaîtra ensuite. Notre liste tenue à jour des pays qui filtrent les réseaux sociaux par âge montre combien d'endroits sont concernés.