La Corée du Sud bloque les sites de 27 plateformes crypto, dont KuCoin et MEXC
La Corée du Sud bloque les sites de 27 plateformes d'échange de cryptomonnaies et autres prestataires d'actifs virtuels qui ne sont pas enregistrés auprès de ses régulateurs financiers, dont KuCoin, MEXC, Phemex, Bitrue, BingX et Poloniex. La Commission des services financiers a annoncé la décision le 13 octobre. La Commission coréenne des normes des médias et des communications a approuvé les blocages à la demande de la Cellule de renseignement financier (FIU), après avoir examiné les sites les 6 et 7 octobre. La date exacte d'entrée en vigueur des blocages n'a pas été communiquée.
Des applications aux sites web
Les plateformes avaient déjà disparu des boutiques d'applications coréennes. En mars 2025, Google Play a commencé à restreindre 17 applications de plateformes non enregistrées à la demande des régulateurs, et en avril 2025, Apple a suivi en limitant les téléchargements et les mises à jour de 14 de ces applications. Les sites web sont restés ouverts, et les utilisateurs coréens ont continué à négocier via leur navigateur. « Avec cette décision, les mesures de blocage contre les opérateurs illégaux d'actifs virtuels s'appliqueront aussi aux sites internet », a déclaré la FIU.
Les sites hébergés à l'étranger seront bloqués pour les utilisateurs en Corée, et les services dont les serveurs ou les exploitants se trouvent dans le pays seront fermés. La FIU considère qu'une plateforme cible les Coréens si elle propose un service en coréen, fait de la publicité auprès des utilisateurs coréens ou prend en charge les échanges en wons. Les autres plateformes citées sont XT.com, CoinW, BTCC, BitMart et DigiFinex. Seuls 28 prestataires d'actifs virtuels sont actuellement enregistrés auprès de la FIU.
Ce qu'il adviendra de l'argent des utilisateurs
Le régulateur reconnaît que les clients « pourraient avoir des difficultés à retirer leurs actifs ». Il indique qu'il travaillera avec la DAXA, l'association des plateformes enregistrées en Corée, et avec les prestataires eux-mêmes pour fournir des instructions de retrait. Aucun délai commun n'a été fixé pour les retraits, et la FIU n'a pas confirmé que chaque plateforme bloquée aidera ses clients.
Le site web n'est que l'une des voies qui se ferment. La FIU a demandé aux plateformes coréennes enregistrées de restreindre les transferts de cryptomonnaies depuis et vers les plateformes non enregistrées, et les amendes en cas d'infraction peuvent atteindre 100 millions de wons par cas. En avril 2026, la FIU a révélé que Coinone avait traité 10 113 transferts impliquant 16 prestataires étrangers non enregistrés. Les achats par carte bancaire auprès de prestataires non enregistrés sont restreints depuis mai 2024.
Les raisons du régulateur
Exercer une activité crypto en Corée sans enregistrement peut valoir jusqu'à cinq ans de prison ou une amende pouvant atteindre 50 millions de wons, et 44 opérateurs non enregistrés ont déjà été signalés aux enquêteurs. La FIU met en garde : les clients de ces prestataires s'exposent à des fuites de données personnelles, à des piratages, au blanchiment d'argent et au paiement de jetons qu'ils ne recevront jamais. Une enquête conjointe menée par la DAXA en juin 2026 a relevé des frais de 1,5 % à 10 % chez les prestataires examinés, contre 0,16 % en moyenne pour les cinq plus grandes plateformes en wons. La FIU affirme qu'elle surveillera les domaines miroirs et demandera de nouveaux blocages lorsqu'ils apparaîtront.
Comment fonctionne le blocage
Les blocages sont administratifs : aucun tribunal n'intervient. La Corée applique la même procédure contre les sites de jeux d'argent, de pornographie et de piratage. Depuis 2019, elle fait appliquer ces blocages en inspectant le champ SNI des connexions HTTPS, c'est-à-dire le nom du site, non chiffré, qu'un navigateur envoie lorsqu'il se connecte. Notre guide du blocage de sites sans tribunal, pays par pays classe la Corée du Sud parmi les pays où c'est un régulateur, et non un juge, qui décide.
Le filtrage SNI ne touche pas le trafic passant par un VPN, dont l'usage est légal en Corée du Sud : les sites eux-mêmes resteront donc accessibles à quiconque en utilise un. Cela change moins qu'il n'y paraît. Les fonds entrent et sortent de ces plateformes le plus souvent par des banques coréennes et des plateformes enregistrées, et c'est précisément cette voie que le régulateur restreint désormais.